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[Rencontre] Un café avec Adélaïde Kesler

Ce mois-ci, nous sommes allés à la rencontre de la pétillante Adélaïde KESLER, Avocate en droit social au barreau de Rennes. Un échange où il est question d’inaptitude au travail mais également de la quête de sens, sujet ô combien d’actualité, qui revient régulièrement dans de nombreuses publications RH.

Bonjour Adélaïde et merci de te prêter au jeu de l’interview, autour d’un café. En préambule, peux-tu te présenter ainsi que ton cabinet INVICTAE AVOCATS ?

quête de sens

Je m’appelle Adélaïde KESLER, Avocate au barreau de Rennes depuis 2014 et co-fondatrice du Cabinet INVICTAE AVOCATS, avec mon associée Bénédicte FLEURY-MARIAGE, depuis 2017.

Notre Cabinet rayonne sur le Grand-Ouest, Paris – Brest (comme pour la pâtisserie 😉), en Droit du travail qui est notre domaine d’intervention quasi-exclusif. Nous intervenons également en conseil, c’est-à-dire avant que la juridiction (conseil des prudhommes) soit saisie : actions de prévention des risques, organisation d’élection du CSE, sanctions disciplinaires, licenciement et accompagnement avant la rupture du contrat… Et enfin sur des contentieux lorsque le conseil des prud’hommes est cette fois-ci saisi et qu’il faut défendre une entreprise ou un salarié. Le nom de notre Cabinet qui résume toute notre philosophie de conseil et d’accompagnement est un hommage au poème INVICTUS de William Ernest Henley (pour les curieux : https://fr.wikipedia.org/wiki/Invictus_(po%C3%A8me))

Lors de nos échanges pour préparer cette interview, tu m’as fait part de la thématique croissante de l’inaptitude de collaborateurs au travail, peux-tu nous en dire plus sur ton observation du terrain ?

Il est vrai qu’au sortir du confinement nous avons vu bondir les procédures pour inaptitude et impossibilité de reclassement. Nous nous attendions à devoir accompagner nos clients relativement à des difficultés économiques mais cela ne fut pas le cas. En définitive, certains salariés, à distance de leur lieu de travail, n’ont malheureusement pas été en capacité de retourner sur leur établissement de rattachement et certains employeurs ont été contraints de mettre en place des licenciements pour inaptitude (d’origine professionnelle ou non) et impossibilité de reclassement. Il est important de préciser que l’inaptitude est souvent initiée par le médecin généraliste mais reconnue par le médecin du travail. Nous avons donc accompagné nos clients dans le suivi et la mise en œuvre des procédures.

Depuis l’avènement de la crise sanitaire débutée il y a plus de deux ans, as-tu perçu un accroissement du nombre de burn-out ?

Effectivement, du point de vue du Cabinet d’avocat, mon Associée et moi-même avons pu noter une augmentation des procédures de licenciement pour inaptitude à la sortie du confinement.

Et des cas de brown-out ?

En droit du travail nous utilisons peu les terminologies de psychologie, nous traitons surtout les conséquences en matière de bien-être ou de mal-être au travail, d’outils de prévention des risques voire d’aptitude ou d’inaptitude au travail. Le burn-out correspond à un épuisement physique et psychologique de la personne. Le bore-out qui est, quant à lui, la conséquence d’un ennui ou d’une sous-charge de travail. Le brown-out est une typologie de burn-out, il s’agit d’une perte de sens. Ainsi, le salarié se sent en perte d’utilité dans son travail, d’incompréhension de son rôle dans l’entreprise et/ou ses tâches et il finit par décrocher ou par être victime d’une dégradation de son état de santé. Le brown-out et le bore-out s’ils peuvent être reconnus maladie professionnelle au titre d’un épuisement professionnel (burn-out), il s’agit de maladies « hors tableaux », c’est donc une procédure particulière. D’un point de vue juridique, la causalité de la maladie (burn-out, bore-out ou brown-out) importe peu, c’est sa réalité et le résultat sur l’état de santé du salarié qui sont traités en droit du travail.

Comment expliques-tu ces situations de brown-out ?

La période de confinement a été une réelle remise en cause pour chacun d’entre nous ; sur chacune de nos « casquettes ». Les salariés confinés à la maison, qu’ils aient été en télétravail ou en activité partielle/garde d’enfant, ont pu s’interroger sur l’utilité sociale et sociétale que revêtait leur emploi à leurs yeux. Pour certains, cette période et/ou la manière dont leur emploi a été traité (emploi considéré comme essentiel ou non) a eu un impact fort psychologiquement. Elle a parfois conduit à des changements de vie radicaux. Par exemple, nous avons des cadres supérieurs qui, post inaptitude, sont partis dans des métiers de l’artisanat ou de la médecine douce. De la même manière, le chef d’entreprise, qui a dû s’interroger sur ses perspectives et ses indicateurs, a eu besoin d’être accompagné avec un plan d’action. Cela a été une grande période d’évolution sur ces deux dernières années pour notre clientèle employeur et salarié.

Une bonne communication interne en entreprise contribue à apporter aux collaborateurs des ingrédients leur permettant d’avoir des repères, une vision, un cap, des perspectives, et leur participe à trouver du sens au quotidien. Perçois-tu parfois un lien entre des brown-out et une communication interne perfectible en entreprise ?

Lorsqu’elle n’est pas essentiellement intrinsèque à la personne du salarié, il est effectivement possible, de déceler à temps une diminution de l’engagement collaborateur ou de la productivité, qui en réalité relève d’un besoin de sens. Cette réassurance doit être réalisée par le Chef d’entreprise et les managers, et y faire adhérer l’équipe. Paulo Coelho dit à ce sujet « c’est une chose de penser qu’on est sur le bon chemin, une autre de croire que ce chemin est le seul ». L’on peut en déduire qu’une communication transparente sur le cap global de l’entreprise et l’apport de tous et de chacun, à son niveau, dans les rouages de celle-ci, peut amener à réinscrire les salariés, mais également le CSE, dans les perspectives d’entreprise. Car c’est en fédérant autour du projet d’entreprise que celle-ci peut perdurer et évoluer.

Un grand merci Adélaïde !


Pour voir le précédent article “Un café avec Coline Mertens” où il est question d’événements internes : https://www.exergue-conseil.fr/un-cafe-avec-coline-mertens/


En savoir plus sur le cabinet INVICTAE AVOCATS : https://www.invictae-avocat.com/

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